Cordiste en intervention sur structure verticale, harnais et corde de sécurité
Réglementation française

Le cadre légal des travaux sur cordes

Cadre légal du travail sur cordes en France : décret du 1er septembre 2004, articles R4323-61 à R4323-90 du Code du travail, note DGT du 5 décembre 2019, obligations employeur et opérateur.

En résuméEn France, le travail sur cordes est encadré par le décret n°2004-924 du 1er septembre 2004 et les articles R4323-61 à R4323-90 du Code du travail. Il impose deux cordes ancrées séparément (corde de travail + corde de sécurité), une formation reconnue (CQP, CATC), une évaluation préalable des risques (DUER, PDP ou PPSPS) et l'interdiction de travailler seul. La note DGT du 5 décembre 2019 précise les bonnes pratiques opposables.

Principe général : une dérogation conditionnée

Les travaux sur cordes ne sont pas le mode d'accès par défaut. L'article R4323-64 du Code du travail interdit de constituer un poste de travail au moyen de cordes, sauf en cas d'impossibilité technique de recourir à un équipement de protection collective (EPC) ou lorsque l'évaluation comparée des risques démontre que les EPC exposent à un risque supérieur.

Cette logique découle des neuf principes généraux de prévention introduits dans le Code du travail par la loi n°91-1414 du 31 décembre 1991 : éviter le risque, l'évaluer, le combattre à la source, donner la priorité à la protection collective sur la protection individuelle.

Faits clés

  • Travaux sur cordes = dérogation, pas mode d'accès par défaut
  • Priorité absolue : éliminer le risque puis EPC, et seulement ensuite EPI/cordes
  • Obligation d'évaluation comparée préalable des risques

Le décret du 1er septembre 2004 — texte fondateur

Le décret n°2004-924 du 1er septembre 2004, transposant la directive européenne 2001/45/CE du 27 juin 2001, est la première mention explicite du terme « cordes » dans la réglementation française. Il a été précisé par la circulaire DRT n°2005/08 du 27 juin 2005.

Article R4323-89 — Le système doit comporter au moins une corde de travail (moyen d'accès, de descente et de soutien) et une corde de sécurité (équipée d'un système d'arrêt des chutes). Ces deux dispositifs sont ancrés séparément, et chaque point d'ancrage fait l'objet d'une note de calcul élaborée par l'employeur.

Article R4323-61 — Lorsqu'un EPI est utilisé, le travailleur ne doit jamais rester seul, afin de pouvoir être secouru dans un délai compatible avec la préservation de sa santé.

Article R4323-68 — Il est interdit de réaliser des travaux temporaires en hauteur lorsque les conditions météorologiques ou environnementales sont susceptibles de compromettre la santé et la sécurité des travailleurs.

Article R4323-90 — Le recours à une seule corde n'est autorisé qu'à titre exceptionnel, lorsque l'évaluation du risque démontre que l'usage d'une seconde corde rendrait le travail plus dangereux. À ce jour, seul l'arrêté du 4 août 2005 du Ministère de l'Agriculture (grimpeurs élagueurs) le prévoit.

Faits clés

  • Décret n°2004-924 du 1er septembre 2004
  • Circulaire d'application DRT n°2005/08 du 27 juin 2005
  • Articles R4323-61 à R4323-90 du Code du travail
  • Deux cordes ancrées séparément, note de calcul obligatoire
  • Interdiction de travailler seul

La note DGT du 5 décembre 2019 — document opposable

Cette note de la Direction Générale du Travail, fruit de cinq années de travail conjoint avec l'OPPBTP et la branche professionnelle cordiste (anciennement SFETH/DPMC), constitue aujourd'hui le document le plus abouti décrivant les règles à respecter dans le métier. Sans avoir la force d'une loi, elle est opposable aux tiers.

Évaluation renforcée des risques — Le donneur d'ordre doit réaliser une étude préalable des risques environnementaux et techniques dès la phase de consultation, formaliser une inspection commune avec l'entreprise intervenante et renouveler cette inspection en présence des sous-traitants concernés.

Personnel formé et qualifié — La compétence du personnel doit être démontrée par le recours à des formations qualifiantes débouchant sur la délivrance d'un CQP Cordiste (ex-CQP1), d'un CQP Technicien Cordiste (ex-CQP2) ou d'un CATC. Ces qualifications bénéficient d'une reconnaissance nationale.

Reconnaissance du CQP OTC — Le Certificat de Qualification Professionnelle d'Organisation des Travaux sur Cordes est reconnu comme expert pour rédiger les modes opératoires adaptés.

Important — Les certifications IRATA et SPRAT, valides à l'international, ne font pas partie des recommandations de la note DGT 2019 pour travailler en France.

Obligations de l'employeur et de l'opérateur

Articles L4121-1 et 2, R4512-6 à 12 du Code du travail. L'employeur est garant de la sécurité de ses salariés sur cordes.

  • Respecter les neuf principes généraux de prévention
  • Évaluer les risques et les formaliser dans le Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER)
  • Organiser la coordination de la sécurité (PDP, PPSPS) le cas échéant
  • Informer les travailleurs des risques encourus
  • Fournir gratuitement les EPI adaptés et les vérifier annuellement
  • Former les utilisateurs à l'usage des EPI et aux procédures de sauvetage
DUER
Document Unique d'Évaluation des Risques (articles R4121-1 et suivants). Identifie, classe et propose des actions de prévention pour les risques de l'entreprise. Mis à jour régulièrement.
PDP
Plan de Prévention. Établi pour les chantiers exposant à des risques particuliers (dont chute de hauteur). Rédigé par l'entreprise utilisatrice après inspection commune avec l'entreprise intervenante (article R4512-7).
PPSPS
Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé. Obligatoire sur chantiers clos et indépendants en coactivité (BTP, génie civil), sous la responsabilité du Coordonnateur SPS (article L4532-2).

Formations et qualifications reconnues en France

Le métier repose sur une double compétence : compétence métier (BTP, maintenance industrielle, soudure, électromécanique...) et compétence technique cordiste. Les certifications reconnues en France sont enregistrées au RNCP.

CQP Cordiste (ex-CQP1)
Certificat de Qualification Professionnelle de niveau d'entrée dans la profession. Permet de progresser sur cordes et de réaliser des travaux simples sous supervision.
CQP Technicien Cordiste (ex-CQP2)
Niveau supérieur. Confirme un profil expérimenté capable de réaliser des interventions complexes et de prendre en charge un secours dans toutes situations.
CATC
Certificat d'Aptitude au Travail sur Cordes. Qualification reconnue, équivalente fonctionnellement au CQP, délivrée à l'issue d'une formation qualifiante.
CQP OTC
CQP Organisation des Travaux sur Cordes. Niveau encadrement : rédaction des modes opératoires, organisation des secours, encadrement des équipes.
FAQ

Questions fréquentes

Le sujet de la fiche : le cadre légal des travaux sur cordes

Le décret n°2004-924 du 1er septembre 2004, transposé en articles R4323-61 à R4323-90 du Code du travail, complété par la circulaire DRT n°2005/08 du 27 juin 2005 et la note DGT du 5 décembre 2019.
Deux cordes ancrées séparément : une corde de travail (accès, descente, soutien) et une corde de sécurité équipée d'un système d'arrêt des chutes. Chaque ancrage fait l'objet d'une note de calcul de l'employeur (article R4323-89).
Non. L'article R4323-61 du Code du travail interdit qu'un travailleur reste seul lorsqu'il utilise un EPI, afin de pouvoir être secouru dans un délai compatible avec la préservation de sa santé.
Non, la note DGT du 5 décembre 2019 ne les inscrit pas parmi les formations recommandées pour travailler en France. Les qualifications reconnues sont le CQP Cordiste, le CQP Technicien Cordiste et le CATC. IRATA et SPRAT peuvent rester utiles pour des chantiers à l'étranger.
Le Document Unique d'Évaluation des Risques (articles R4121-1 et suivants du Code du travail) recense tous les risques professionnels encourus par les salariés, les classe selon leur probabilité et gravité, et propose des actions de prévention. Il est obligatoire et doit être mis à jour régulièrement.
Il n'y a plus de seuil minimal en France. L'ancien seuil de 3 mètres du décret de 1965 est abrogé. La protection s'applique dès qu'il existe un risque de chute avec dénivellation, quelle que soit la hauteur du poste de travail.
Le PDP (Plan de Prévention) concerne les interventions en entreprise utilisatrice (industriel, tertiaire). Le PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) concerne les chantiers clos et indépendants en coactivité (BTP, génie civil), sous la responsabilité du Coordonnateur SPS et basé sur le PGCSPS.
Oui, l'employeur fournit gratuitement les EPI, en assure l'entretien, la maintenance et le remplacement (Code du travail art. L4121-1, L4121-2, R4323-95). Les EPI doivent être vérifiés annuellement par une personne qualifiée.